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Intervention de la FCPE 92 lors du Conseil Départemental de l’Education Nationale du 6 mars 2017

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Intervention de la FCPE 92 lors du Conseil Départemental de l’Education Nationale du 6 mars 2017

Tout d’abord, nous tenions à exprimer notre vive inquiétude alors que l’expression citoyenne des lycéens donne lieu à des épisodes de violence, en particulier entre jeunes et policiers, dégradations d’un coté, violence physique de l’autre, insultes de part et d'autre. La FCPE appelle à éviter l’escalade et a plus de discernement et de modération dans les interventions des forces de l’ordre, ainsi qu'à l'intervention systématique d’une équipe de médiation lors des blocages d’établissement. Ces événements doivent aussi interroger la communauté éducative ; n’est-il pas temps d’enfin assurer un réel apprentissage de l’engagement citoyen et de ses modes d’expression, et aussi de permettre aux jeunes de s’organiser, en favorisant la représentation lycéenne et l’accessibilité à des lieux de rassemblement au sein des établissements ?

Nous voulions aussi vous faire part des retours de nos adhérents réunis en assemblée générale le 21 janvier dernier. Les parents élus en établissements du 1er degré sont inquiets d’une dégradation significative du climat scolaire, et ce dès les petites classes. Sur tout le territoire des Hauts-de-Seine, on note certaines tensions et actes de violence qui n’ont pas lieu d’être au sein des écoles ; les parents ont le sentiment d’un manque de prise en compte et d’une certaine impuissance face à ces phénomènes.

Nous estimons que le manque de personnels spécialisés, auprès des chefs d’établissement, des enseignants et des parents, se fait cruellement ressentir. Ces situations expriment un mal-être qui nécessite des regards croisés complémentaires.

Nous rappelons l’urgence à reconstituer les RASED. Nous déplorons aussi la faiblesse de la médecine scolaire. Ne citons qu’un exemple : 1 médecin scolaire pour 8000 élèves sur Villeneuve. Qui peut croire que ça peut marcher ?

C’est pourquoi nous nous autorisons à voir dans le projet académique qui nous est proposé aujourd’hui au travers de la carte scolaire du 1er degré, un début de réponse à nos revendications pour plus d’adultes et de compétences plurielles dans les établissements scolaires. Oui à plus d’accompagnements des équipes pour une école inclusive, oui à plus de travail collaboratif pour intégrer les problématiques variées que vivent les élèves, oui à plus de soutien des enseignants débutants, oui à plus de formations continues des enseignants. Mais nous n’oublions pas que l’ouverture de postes n’est pas la garantie d’une amélioration effective, faute de capacité de notre département à garder ses enseignants. Avec la Seine-Saint-Denis, le département des Hauts-de-Seine est celui qui détient le score le plus élevé des demandes de sorties des enseignants.

Concernant les collèges, nous notons plus de transparence dans l’allocation des moyens horaires aux établissements ; nous regrettons qu’il n’en soit toujours pas de même pour les lycées. Mais nous rappelons aussi que cette allocation est fortement conditionnée par un indicateur social, dont la méthode de calcul n’a jamais été communiquée aux représentants des parents.

La seule information disponible est qu’il est basé sur 4 éléments :

  • la part d’élèves dont les parents appartiennent aux catégories socioprofessionnelles défavorisées ;
  • la part d’élèves boursiers ;
  • la part d’élèves résidant en quartiers prioritaires de la ville ;
  • la part d’élèves arrivant en 6ème avec au moins un an de retard.

Sur ces 4 éléments, certains nécessiteraient d’être consolidés. Par exemple,

Les CSP des familles sont basées sur du déclaratif, souvent peu fiable.

De plus, la grille des CSP est fortement discutable; par exemple, une personne en service direct aux particuliers est en catégorie C alors qu’un ouvrier qualifié est en catégorie D. Que cherche à représenter réellement ce CSP : une distance entre la famille et l’école ou un niveau de revenu ?

Concernant les élèves boursiers, certaines familles qui pourraient en bénéficier n’en font pas la demande par défaut d’information ou par manque d’assistance de l’institution scolaire. Dans le 92, nous savons que les fonds sociaux sont sous-utilisés dans certains établissements défavorisés par manque d’information des familles mais aussi par manque de politique sociale de ces établissements.

C’est pourquoi nous sollicitons plus de transparence sur cet indicateur.

Enfin, nous rappelons que la dotation des collèges devrait être débattue dans la présente instance avant la tenue des Conseils d’Administration de DHG dans les collèges.

Nous terminerons notre intervention par un voeu, le voeu que la mixité sociale ne soit pas qu’une déclaration de politique générale, mais une réalité dans les actions des autorités académiques et territoriales dans les Hauts-de-Seine. Nous constatons que le Conseil Départemental ne propose aucune évolution de la carte scolaire sur le collège Renoir de Boulogne, malgré ses engagements auprès des représentants de parents. A quand le respect de la parole donnée et un réel engagement des responsables locaux pour le vivre ensemble dans notre département ?

Merci de votre attention.