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Retours sur l'assemblée générale du 21 janvier 2017 - suites des échanges avec les participants

Suite des échanges avec les participants

 

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Une participante sensibilise à l’augmentation des actes de violences au niveau 1er degré. Les parents d'élèves ne sont pas informés de ce qui se passe, sinon par la « bande ». Et il n’y pas de réponse statutaire contrairement aux collège et lycée. Tout le monde est démuni. Les enfants perturbateurs se retrouvent dans le couloir ou dans le bureau des directeurs et manquent les cours. La violence est une des raisons de la fuite vers le privé.

Une participante relate un problème récent d’attitude violente d'un enseignant à l'égard d'un enfant, qui a fait face à un grand vide sidéral pour traiter le problème de la violence. L’IEN de circonscription a déclenché la CAAEE. Les parents sont vigilants, et veulent être impliqués dans ce processus. Les parents parfois nient eux-mêmes la question de la violence qui doit être traitée pour le bien être de tous.

Un participant met l’accent sur la difficulté à faire appliquer la loi. Les chefs d'établissement font ce qu'ils veulent, la situation est dure sur le terrain.

 

Pour Liliana Moyano, la FCPE est engagée sur le climat scolaire, particulièrement en partenariat avec la MAE. Revendiquer la place des fédérations, la place des élus, s'emparer des espaces parents, est indispensable car ces avancées restent une réalité virtuelle aujourd'hui. L'institution a joué très longtemps à «on choisit les parents qui ne vont pas râler, aider à la kermesse, qui n'y connaissent rien, qu'on peut infantiliser ». Il faut prendre les choses en amont : le mieux vivre ensemble à l'école, ça va bien à partir du moment où les adultes y ont leur place. Il faut arrêter d'être dans l'urgence (on convoque les parents lorsque cela ne va pas) alors qu'il faudrait être en amont. Les parents sont des lanceurs d'alerte. Il faut consolider leur place. Stop à la logique perverse d'évitement. Il faut qu'on parvienne à faire comprendre à l'institution que c'est dans son intérêt d'avoir les parents FCPE chez eux.

Concernant l’application des textes, l'école ne doit pas être un espace de non droit. Nous devons faire évoluer les textes et les faire respecter. In fine, les chefs d'établissement comprendront l'intérêt d'une communauté d'action.

 

On a réussi par exemple sur l'accès pour tous à la restauration scolaire. Maintenant c'est fait ! C’est inscrit dans la loi. Il faut faire appliquer les textes. Le principe du droit français : c'est le parent lésé qui doit porter sa réclamation. La FCPE ne peut pas le faire à sa place. Elle voudrait faire évoluer les textes pour rendre les actions de groupe possibles.

 

Françoise Briand complète sur le climat scolaire : la FCPE 92 siège au Conseil Education, Santé et Citoyenneté départemental, via Pietro administrateur. Il existe un numéro vert 30 20 sur le harcèlement scolaire, les parents doivent veiller à ce que les établissements communiquent ce numéro.

 

Les participants s’interrogent sur la crise de vocation des enseignants ; est ce que la FCPE a des arguments d'attractivité ?

 

photo 10Un participant se félicite de l'action de la mandature actuelle qui a permis de réelles avancées. Mais la rencontre est difficile entre parents et enseignants. Pour une famille monoparentale, c'est encore plus dur de se rendre aux convocations.

 

Une participante, qui accueille une dizaine de stagiaires de 3ème par an, s’étonne de constater que toutes les conventions de stages sont différentes ! Ce n’est pas très professionnel de la part de l’institution. Cela induit en plus un problème de disponibilité pour l'entreprise qui accueille ces stagiaires.

Elle indique aussi constater en Conseil de classe l’incapacité des personnels à gérer les enfants de 12 ans, qui "font suer toute la classe" ; comment font les équipes enseignantes dans les autres pays ?

 

Liliana Moyano revient sur la question des stages. C'est l'institution qui doit donner les moyens pour que cela se passe bien. Actuellement c'est la jungle, ce n'est pas pensé, tout repose sur le carnet d'adresses de la famille du gamin. Les collégiens se retrouvent soit sans stage soit à faire un stage par défaut. Le stage de 3ème devient excluant et stigmatisant. L'institution n'assure pas les bonnes conditions. Il faut un réel projet, une réelle recherche de lieux. L’EN doit faire son boulot !

La FCPE revendique un véritable service d'orientation. C'est actuellement dramatique ! Aujourd'hui il n'y a pas de véritable service d'orientation publique. Les orientations subies coûtent énormément en terme d'argent public sans compter l'impact sur la vie du jeune et de sa famille. Nous sommes dans un système complètement malade et fou.

 

Un participant revient sur la formation des enseignants et l’encadrement des élèves. Peut-on militer pour une formation de terrain, ce qui renforcerait les équipes pédagogiques, notamment pour les classes de maternelle, avec parfois 30 élèves, qui manquent d'adultes ? Si les professeurs stagiaires étaient en doublon sur une longue durée dans les classes, cela permettrait un double renforcement pour la formation et pour la classe.

 

Patrice Beaudou précise que l'élève enseignant est à l'école pendant 1 an, la moitié de la semaine. Donc il y a bien une formation terrain, mais ils manquent d'aide et d'accompagnement, car ils apprennent "sur le tas". Ils ont des tuteurs en dehors de l'école !

 

Pour Liliana Moyano, concernant la formation des enseignants, la FCPE a toujours dit qu'il fallait une formation de qualité et repensée. C'est une revendication. La formation initiale des enseignants est actuellement très décevante.

Quant à la formation continue, il est inconcevable qu'elle n'existe pas, elle est fondamentale.

Le Ministère actuel se retranche derrière la suppression des 80 000 postes lors du précédent gouvernement. Cela pose aussi la question de la fluidité dans la carrière des enseignants. Comment rester 30 ans face à une classe ? C'est avant tout le problème des organisations syndicales des enseignants, mais la FCPE les accompagne dans ces revendications.

Les pays qui fonctionnent bien sont ceux qui ont repensé tout leur système scolaire, y compris le rôle des inspecteurs qui sont des aidants et pas dans la sanction comme en France. Les pays qui ont réussi leur refondation de l'école ont réussi à se mettre d’accord sur l’école comme enjeu de société et non comme enjeu politicien.

La révolution de l'école n'est pas à l'échelle d'une mandature. Il faut aussi repenser les lieux, les locaux, les effectifs... 30 élèves en langue ou en maternelle, ce n'est plus possible.

 

L'école est un bien commun qui, comme l'air, l'eau, ne doit pas être marchandisé.

Or l’école est victime des enjeux politiciens en France, les équipes se succèdent et démantèlent les travaux des équipes précédentes.

Il faut inventer un cercle vertueux, dont le bénéfice serait pour tout le monde, même les enseignants. Il faut sortir du cercle de maltraitance. Tous les rapports le disent. Les enfants ne sont pas heureux d'aller à l'école le matin, cela devrait interroger.

Il faut repenser la posture de l'enseignant, et faire sens collectivement, au sein de la "co-éducation" (et non "alliance éducative", qui est un glissement sémantique dangereux). La co-éducation veut dire tout autre chose.

 

Un participant revient sur les problèmes de discipline, notamment dans le 1er degré, et évoque l’idée d’un conseil de discipline au primaire. En l’absence d'institutionnalisation, les représentants de parents ne sont pas associés à la réflexion.

 

Pour Liliana Moyano, un conseil de discipline en primaire, non ! Il vaut mieux travailler sur les moments de pédagogie et de rencontre. Sont évoqués les espaces parents, lieux matériels. C'est la loi, et on ne parle pas de boites aux lettres ! Un espace où les parents peuvent se rencontrer, échanger, avec un accès autonome et direct, qui ne soit pas tributaire des horaires, du concierge, des clés... Les parents FCPE doivent s'emparer de cette bataille. Ces lieux attirent beaucoup la convoitise d'autres organisations, partenaires de l'école ou pas. Les associations complémentaires de l’école et d’éducation populaire, pourquoi pas, mais c'est aux parents d'abord de s'emparer de ces lieux.

 

Françoise Briand revient également sur la proposition de conseil de discipline en primaire. L'exclusion déplace le problème, ne gère pas le problème. Est-ce qu'on fait la même chose dans une entreprise ? Virer un salarié qui pose problème ? L'enfant est en pleine construction, il peut avoir une vie personnelle compliquée. Il faut l'accompagner même si ce n'est pas simple. S'il y a un problème de climat scolaire, on est légitime à demander une prise en charge. L'outil est le projet d'établissement. Les parents aimeraient être plus "invités" que "convoqués".

En ce qui concerne la formation, on aimerait avoir des facilitateurs qui accompagnent les réformes.

 

Un participant propose de généraliser les classes à plusieurs niveaux. Pourquoi mettre les élèves par âge ? Mélanger peut aider à apaiser les classes, tous les élèves n'ayant pas la même maturité. Il n'y a pas que les élèves en difficulté qui perturbent les classes.

 

Un autre participant revient sur la violence dès l'école maternelle. L’école est fermée aux parents suite à Vigipirate. Les directeurs font ce qu'ils peuvent, mais c'est la collectivité locale qui ferme. De plus, les RASED sont décimés. Enfin, les CLIS sont devenues ULIS, avec des enseignants pas toujours formés.

 

Un intervenant indique que le passage par la MDPH est très violent pour les parents. Dans de nombreuses cultures, le handicap est insupportable. Parfois, la MDPH c'est impossible pour certains parents dont les enfants sont pourtant englués dans l’échec de la maternelle à la 3ème.

Un participant suggère en cette période électorale un projet commun avec les autres fédérations. Ne peut-il y avoir des valeurs communes à la FCPE, PEEP et UNAAPE ?

 

Un participant indique avoir proposé des projets avec des associations dans son lycée professionnel. Il aimerait que la FCPE soutienne l’agrément d'associations de prévention des comportements à risques, SOS homophobie par ex. Elles doivent être reconnues par l'Education nationale.

 

Une intervenante trouve que c’est le désastre dans les lycées professionnels, en particulier avec des problèmes de sécurité. 6 élèves ont été exclus définitivement dans son lycée le mois dernier, mais les parents ne bougent pas. L'établissement ne permet pas aux parents délégués de consulter les coordonnées de parents d'élèves, donc c’est très difficile d’aller à la rencontre des parents qui auraient besoin d’aide et d’accompagnement. Les parents ont peur du lycée.

 

Liliana Moyano dit que c'est le sens de la bataille de la FCPE : la question de l'école comme bien commun, comme socle de la société. C'est un travail qui demande beaucoup d'engagement.

Cet été, il y a eu des annonces de mesures de sécurisation des établissements. La FCPE a été interpellée par les médias. OK pour la sécurisation des établissements, mais non à la bunkerisation. Suite à l’épreuve terrible des attentats, il faut renforcer dans les établissements scolaires la présence des adultes, des parents, créer une véritable communauté éducative. Or la question de sécurité a été récupérée pour fermer les écoles à double tour. Le ministère s'est même interrogé sur l'organisation des élections de parents d'élèves. La FCPE s'est fâchée pour qu'elles restent organisées dans les établissements. Les parents ne sont pas étrangers à l'école. Pourtant la tentation est forte de les exclure.

 

Pour les échéances électorales majeures, la FCPE a pour habitude de porter son projet éducatif, plateforme de revendications. 4 grands évènements régionaux sont organisés, ainsi qu’un évènement à Paris lors de la journée de présidents de mars. Les candidats à la présidentielle hors extrêmes seront interrogés à partir du projet de la FCPE, forte de ses 310 000 adhérents que la fédération souhaite éclairer dans leur choix.

On ne connait pas le projet de la PEEP. Mais la FCPE va intégrer le CAP, collectif des associations d'éducation populaire historiques (telle que la ligue de l'enseignement).

Personne ne parle d'éducation dans ces présidentielles. Si nous n'en parlons pas, personne n'en parle. Les syndicats sont dans des logiques catégorielles (et c'est normal). La FCPE est dans une logique beaucoup plus globale. Liliana Moyano est en charge du dossier, secondée par Michel Dubarry.

 

La FCPE travaille sur un véritable centre de formation : sur le fond et la forme, formations et informations en direct toujours mais complétées avec d'autres modes, Internet, formation en ligne... C’est important dans les régions et départements étendus, pour des contraintes géographiques qui sont un frein au déplacement des militants.

La FCPE forme très peu par rapport au nombre d'adhérents et à ceux qui siègent au CDEN. La FCPE 92 est une bonne élève. Mais il y a des écarts énormes dans les bilans formation sur les territoires. C'est un vrai problème.

Le conseil scientifique de la FCPE est en train de tout analyser pour alimenter la réflexion de la FCPE sur ce sujet.

 

Le ministère dit qu'on est dans la réparation de l’école, car la casse a été telle que c’est une étape nécessaire.

L'école a été placée dans une logique d'exclusion et de tri. Les RASED ont logiquement été démantelés. Il en a été de même pour l’éducation prioritaire. Les dispositifs anti-exclusion ne sont pas du bonus mais sont primordiaux.

De plus, les pratiques les plus innovantes ont lieu dans les Ulis, dans les lycées agricoles, qui peuvent donner des leçons. Par exemple, des projets culturels très intéressants existent en lycée agricole pour pallier internat et éloignement des familles et des équipements. On y trouve de véritables pépites.

Le système d’Education actuel est une bombe sociale en formation qui explosera à la figure de tous.

 

Concernant la mixité des âges, Liliana Moyano dit oui ; quelle capacité on a, en France, à s'obstiner dans ce qui ne fonctionne pas ! Elle évoque la pédagogie Freinet et la coopération, l'absence de cases et de catégories. Exemple : la magie du CP et les rythmes très variables des enfants. On est enferré aujourd’hui dans l'organisation en tranches. La FCPE réfléchit aussi sur la pédagogie et les méthodes innovantes, sur l'expérimentation pédagogique.

Par exemple, dans les pays où les enfants s'épanouissent, comme en Finlande, il n'y a plus de notes et les matières sont beaucoup plus modulaires.

 

Obstination française dans ce qui ne fonctionne pas. Certains pensent qu'ils s’en sortiront de la sorte et tant pis pour les autres, mais ils se trompent lourdement. Liliana évoque son pays, la Colombie, avec une éducation privatisée, une fracture sociale, un pays déchiré, par l’absence de modèle social de cohésion. La facture est très très lourde. Une société a besoin de tous ses enfants pour réussir. La logique inclusive est et sera portée par la FCPE.

 

Le paradoxe est que la pensée des grands pédagogues français est très utilisée à l'étranger !

 

En conclusion, Françoise Briand rappelle la formation de samedi prochain 28 janvier sur l'orientation. Elle incite les adhérents et responsables de conseils locaux à appeler, échanger avec leurs administrateurs dont les adresses mails sont disponibles sur le site de la FCPE 92

Elle donne rendez-vous au congrès samedi 10 juin à Gennevilliers, avec des interventions sur les RASED, les sciences cognitives, et la scolarisation jusqu'à 18 ans.

 

Liliana Moyano remercie, on lui a donné de l'énergie. Au sujet de l’éducation prioritaire au lycée, elle précise avoir écrit sur le sujet à la ministre.