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Retours sur l'assemblée générale du 21 janvier 2017 - Intervention de Liliana Moyano, Présidente de la fédération

Intervention de Liliana Moyano, Présidente de la fédérationphoto 6

 

Liliana remercie le CDPE 92 pour cette invitation. Cela répond à son besoin d'être au plus près du terrain et d’avoir ce type d'échange. Elle propose de partager avec nous sa vision de l'école de demain qui est à construire avec les parents d'élèves. La FCPE, avec les représentants de Gennevilliers, a été invitée au ministère pour les "cafés des parents" jeudi dernier. On y a parlé de co-éducation.

 

La FCPE porte son projet éducatif, et pas les réformes du gouvernement. Le projet de la FCPE, c’est un projet progressiste qui croit que l'école est un bien commun, le socle de la société. Elle milite pou une école gratuite, ouverte, laïque, bienveillante...

La réforme des rythmes n'était effectivement pas au niveau des espoirs de la FCPE, mais la FCPE a démontré sa volonté de négocier, de pousser les choses au plus loin dans l'intérêt majeur des enfants, conformément à l’appel de Bobigny.

Pour la FCPE, on ne coupe pas les enfants en tranche. Il était temps de s'interroger sur cette globalité, et la réforme des rythmes a mis en lumière les choix politiques des municipalités. Certaines villes ont de vrais projets avec des associations d'éducation populaire ; pour d'autres, les choix ont été très différents.

Il faut revenir à l'esprit des 2 réformes : permettre à tous les enfants quels qu'ils soient d'avoir accès à des activités non pédagogiques, des espaces de respiration, de découverte.

De nombreuses familles ne pouvaient pas payer d'activités. La FCPE a demandé gratuité et qualité. Mais il faut rappeler que ce n'est pas nécessairement une question de moyens. Des petites villes sans moyens ont fait un travail extraordinaire. Des grandes villes ont échoué et rendu les activités payantes le vendredi après midi, par exemple Lyon, ou encore Marseille.

 

L'esprit de la réforme du collège a aussi été beaucoup caricaturé. Quelle place pour le collège ? Grande école ou petit lycée ? Or toutes les études montrent que le collège est une étape cruciale. Le décrochage commence là. Il était urgent de repenser le collège. C'est une révolution pédagogique. Effectivement cette réforme impacte la façon dont les enseignants enseignent. Il y a eu notamment une polémique sur les langues. Mais pourtant, grâce à la réforme, tous les enfants ont LV2 en 5e, contrairement à la bilangue qui était du chacun pour soi. Il faut cerner ce que l’on cherche à mettre dans l'esprit des parents. Derrière cela, il y a souvent de véritables lobbys réactionnaires pour promouvoir une école qui trie et renforcer la privé. Là est la vraie bataille : quelle école, quelle société ?

photo 7Ni pour ni contre ni neutre : la FCPE, c’est 70 ans de projets et de bagarres.

L’école publique doit être un bien commun.

Cela parait évident ; pourtant cela l'est de moins en moins : Liliana Moyano a l’habitude de dire que, pour militer à la FCPE, il faut être humble et pugnace. Ne pas se décourager. Le système français est le plus inégalitaire. Les enfants modestes ont le moins de chance de réussir. C'est une bombe sociale. C’est pourquoi les valeurs de la FCPE sont très exigeantes.

Suite aux réformes, certains avaient prédit l'effondrement de la FCPE. Or ce n'est pas le cas, ce n’est même pas une érosion. On n'est qu'au début du processus. Rappelons-nous que la précédente gouvernance a supprimé 80 000 postes et la formation des enseignants !!!

 

Concernant la réforme du lycée, la position de la Ministre qui est d’attendre le résultat de la présidentielle n’est pas satisfaisante pour la FCPE qui a protesté.

Dans le cadre des prochaines présidentielles, au niveau des candidats progressistes de gauche, il n’y a pas grand chose ! Au niveau des candidats de droite, il y a des projets extrêmement inquiétants qui vont détricoter le projet de société progressiste actuellement mis en œuvre. Quant au projet du FN, il est catastrophique, en faveur du privé, et des parents hors de l'école...

 

Donc il faut revenir à l'essentiel, car pendant ce temps les enfants souffrent du système. La mixité sociale et éducative est fondamentale. Philippe Meirieu, du conseil scientifique de la FCPE, souligne que l’école publique est un bien commun et un espace de liberté, pas le privé ! Il faut quand même la réformer, la transformer, mais c'est là que les choses se font, dans le militantisme local au quotidien, même si c'est un peu ingrat parfois.

 

La FCPE doit réinterroger ses statuts. On a aujourd’hui un rythme effréné (congrès annuel, changement d'équipe...) qui peut induire un manque de stabilité. Nos statuts ne sont pas à l'échelle d'une grande fédération nationale. Ils sont trop limités. L'échelle régionale n'existe pas dans les statuts de la FCPE, alors que c'est l'échelle de l'organisation du territoire. Une réflexion importante est en cours. « Le petit costume » de la FCPE est vraiment trop étroit.

Par exemple, certaines collectivités régionales mettent en cause la gratuité des manuels scolaires. La FCPE n'étant pas organisée au niveau régional, elle n'est parfois pas considérée comme un  interlocuteur. Donc il y a nécessité d'une gouvernance renouvelée et plus proactive.

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Quant au statut du parent délégué, c’est une très ancienne revendication. La FCPE l'a obtenue. C'est un début, une porte. A nous de la faire vivre et évoluer. Se pose la question de la formation de tous les militants, et de la VAE des parents militants.

La FCPE s'est battue avec le ministère pendant des heures et des jours sur cette phrase: "la formation des parents revient aux fédérations". L’EN voulait la contrôler, a minima. Mais seule la formation de la fédération donne une vision critique aux parents. La FCPE a été la seule fédération à s'acharner sur cette phrase.

 

Parmi les chantiers en cours, on a d’ailleurs la refonte d'un véritable centre de formation et de ressources de la fédération. Le statut des parents est au coeur du contrat pluriannuel d'objectif (financement du ministère pour 3 ans). Nous sommes une association reconnue d'utilité publique, qui doit donc former tous les parents qui frappent à sa porte.