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Retours sur l'assemblée générale du 21 janviers 2017 - Intervention de Françoise Briand Présidente du CDPE 92

Intervention de Françoise Briand Présidente du CDPE 92photo 2

 

« Je remercie les élues politiques qui viennent d'intervenir. Je remercie également Sophie, Valérie et les membres de l’Union Locale de Malakoff, ainsi que Thierry Gibert, administrateur départemental, référent sur Malakoff, et bien sûr Jocelyne Le Métayer, notre chargée de mission. Je remercie tous les adhérents présents ce matin.

Je tiens à ouvrir cette assemblée en remerciant tous les adhérents, militants FCPE, qui œuvrent au quotidien dans les établissements auprès des enfants, des jeunes et de leurs familles.

Dans le 92, la FCPE représente 2/3 des élus dans le 1er degré et la moitié des élus du second degré.

Nous sommes une force représentative, nous sommes légitimes à porter nos valeurs, nos revendications. Nous y reviendrons longuement durant cette matinée, avec Liliana, la Présidente nationale de notre Fédération qui nous fait l’honneur de sa présence.

 

Avant d’aborder ce thème central de notre AG autour de l’école de demain et des revendications de la FCPE, nous vous proposons un bilan de ces 4 mois après la rentrée scolaire.

« Autant de postes non pourvus, c’est du jamais vu », ce sont les propres mots du Recteur de l’Académie de Versailles pour qualifier la rentrée 2016.

Nous, les postes non pourvus, nous les avions identifiés. D’ailleurs, au Conseil Départemental de l’Education Nationale du 10 octobre, nous les avons listés un à un. Le Directeur Académique n’a pas beaucoup apprécié, mais n’a pu qu’admettre la réalité de notre département.

Nous comprenons que les postes sont ouverts, mais qu’il n’a pas assez de professeurs pour les assurer. Ce déficit de recrutement à l’Education nationale remonte à plusieurs années et a probablement plusieurs causes racines :

  • rappelons la suppression de la formation au métier d’enseignant en 2009, contre laquelle notre Fédération s’est fortement mobilisée, et qui a donné à penser qu’enseigner n’est pas un vrai métier ;
  • rappelons aussi la suppression de dizaines de milliers de postes d’enseignants jusqu’en 2012 qui a freiné des vocations.

 

Donc même si les créations de postes sont effectives, le recrutement a du mal à repartir. Aussi, les ressources de remplacement ont été très vite réquisitionnées dès la rentrée sur les postes vacants ; en conséquence, le nombre d’heures de cours perdues continue de grimper faute de remplacement.

Nous devons donc continuer à interpeler le Recteur et le Directeur Académique sur les postes non pourvus et sur les remplacements non assurés. Pour cela, nous avons toujours besoin des remontées des conseils locaux. Plus nous sommes précis, plus nous dérangeons, plus les responsables départementaux et académiques sont obligés d’y regarder de plus près.

Nous continuons aussi à dénoncer l’absence de protocole de remplacement dans les collèges et lycées du 92. Tous les responsables le savent et ils font tous comme si ça marchait. Mais bien sûr toujours aux dépens des élèves. Sur ce sujet non plus, nous ne devons pas lâcher, pour sortir de cette situation absurde !

 

Une nouveauté cette année, c’est la mise en place de la réforme du collège. Cette réforme, dans laquelle nous parents FCPE voyons avant tout une réforme pédagogique, est très tributaire de l’implication des équipes enseignantes dans les établissements. Nous avions identifié cette difficulté lors de notre AG il y a tout juste un an. Et ça se confirme. Dans notre académie, c’est seulement un tiers des équipes des collèges qui se sont vraiment saisies des opportunités de cette réforme. C’est pourquoi nous parents, élus dans les CA des établissements, devons continuer à agir pour une application sur le fond et pas uniquement sur la forme de cette réforme. Un EPI, ce n’est pas deux cours qui se superposent sur un même sujet, mais des cours qui interagissent et ainsi font interagir des compétences et des connaissances. Nous ce que nous voulons, ce n’est pas une nouvelle répartition des heures pour faire plaisir au chef du chef d’établissement mais bien une évolution des pratiques pédagogiques pour permettre à chaque élève de trouver l’approche qui lui convienne pour entrer dans ces apprentissages. Et donc nous voulons partout des équipes pédagogiques en marche pour la réussite de tous les élèves quel que soit leur point de départ.

Nous vous avions fait parvenir un questionnaire à la rentrée pour objectiver les réussites et les freins dans le déploiement de cette réforme dans notre département. Pensez à nous faire remonter les infos que vous avez. Nous vous proposons aussi de nous réunir le 1er février au CDPE pour partager nos expériences.

 

Depuis la rentrée, nous avons été alertés de certaines dérives dans la politique de sanctions de certains établissements, comme des commissions éducatives qui se transforment en conseil de discipline et prononcent des exclusions. Nous vous avons fait parvenir un petit fascicule sur le rôle des parents FCPE en conseils de discipline. N’hésitez pas à nous contacter sur ce sujet, car il peut y avoir des conséquences graves sur la scolarisation des jeunes.

 

Il y a aussi des enfants et des jeunes qui ont des difficultés à faire valoir leur droit à une scolarité normale. Dans le 92, certaines municipalités n’ont pas besoin de l’arrivée d’un parti extrémiste au pouvoir pour refuser la scolarisation d’enfants de familles sans papier, et ce contre toutes les réglementations en vigueur. Dans une ville voisine, on va tout juste réussir à scolariser certains enfants en primaire, soit 4 mois après la rentrée. Sur ces sujets là aussi, il nous faut être vigilant. Car si nous FCPE ne le sommes pas, qui le sera ?

 

La FCPE demande l’accueil de tous les jeunes, quelle que soit leur situation administrative et socio-économique. Mais aussi nous militons pour l’amélioration des conditions de travail des jeunes.

En particulier, dans les lycées saturés de notre département, nous voulons :

  • Des moyens en dotation horaire permettant d'assurer des effectifs inférieurs à 30 par classe en lycée général et technologique et en lycée professionnel.
  • Des moyens en dotation horaire permettant des pédagogies de projet mises en place par les équipes enseignantes, dans tous les lycées, pour tous les lycéens.
  • Des moyens en dotation horaire adaptés à la situation sociale des élèves des lycées.
  • Une planification pluriannuelle des dotations horaires.
  • Une stabilité des équipes enseignantes des établissements (de l'école au lycée) en limitant le renouvellement à moins de 20% par an.

La FCPE 92 attend de l'Education Nationale un engagement significatif envers les lycées desservis par les collèges en REP et REP+ et envers les lycées professionnels.

La FCPE rappelle aussi l’urgence à sortir de l’organisation scolaire actuelle qui renforce les inégalités. Le constat est fait que, dans notre département, 50% des enseignants en éducation prioritaire sont peu expérimentés. La FCPE veut mieux pour ceux qui ont moins.

Enfin, avant de passer la parole à Patrice, je vais conclure en rappelant la nécessité de continuer à porter sereinement et fermement nos exigences pour l’Ecole, tout particulièrement à l’approche des échéances présidentielles et législatives des prochains mois.

 

Merci de votre attention. »